La nouvelle alarme d’Alexa suscite la controverse parmi les utilisateurs

Diverses associations américaines de consommateurs réclament une plus grande protection de la vie privée et de la sécurité des mineurs face aux possibilités de cette nouvelle alarme. Un problème qui vient semer plus de doutes sur la manière dont ces produits affectent notre vie privée.

L’une des nouvelles fonctionnalités que nous trouvons déjà dans certains assistants virtuels comme Alexa est la possibilité de servir d’alarme domestique. Une fonction qui utilise principalement le son, dans le cas de l’assistant d’Amazon, bien que dans d’autres modèles, il ait également la possibilité de se connecter via des caméras IP, des capteurs de température ou des détecteurs de fumée, afin d’offrir une protection complète à l’utilisateur. Une idée qui pourrait bien faire de ce produit la meilleure alarme domestique quand nous n’avons pas besoin de produits complexes.

Le problème est qu’en échange de cette protection, il y a un prix à payer : la vie privée. C’est un problème auquel les consommateurs se sont déjà heurtés, car la possibilité d’écouter, de contrôler et de transférer dans le nuage tous les types d’audios à contenu personnel pose un sérieux problème.

Comment fonctionne la technologie

Pour commencer à comprendre le problème, il est essentiel de savoir comment fonctionne la technologie. Dans le cas spécifique d’Alexa, dont nous traitons dans cet article, l’orateur est chargé d’écouter ce qui se passe autour de lui à tout moment une fois que nous avons donné l’ordre d' »armer » l’alarme domestique. Cette opération est la même que celle du produit lorsque nous sommes à la maison et nous donnons des commandes conventionnelles, comme allumer le chauffage, allumer la télévision intelligente ou écouter notre musique préférée.

La principale différence est qu’une fois ce mode d’alarme activé, le produit perçoit tout bruit autour du haut-parleur. Ces sons sont envoyés sur Internet aux serveurs d’Amazon et sont analysés à l’aide d’une technologie avancée pour rechercher des modèles pouvant être utilisés pour reconnaître des menaces telles que des bris de verre ou une tentative de casser une porte.

Ce contenu est non seulement traité par des algorithmes, mais il peut également être écouté par le personnel de l’entreprise, afin d’obtenir les informations nécessaires à l’amélioration de l’algorithme, puisque l’algorithme lui-même n’est pas capable d’apprendre. En outre, ces données sont également stockées sur les serveurs de l’entreprise, parfois pendant une période assez longue et à des fins qui ne sont pas toujours claires. Une approche qui, sans aucun doute, est le point de départ des problèmes.

Le problème de la boîte noire

L’un des problèmes que les associations de consommateurs ont dénoncé est l’atteinte à la vie privée qu’Alexa peut porter aux utilisateurs pendant ce mode d’alarme. Cela concerne principalement l’utilisation de ces informations. Le fabricant nous dit dans ses conditions d’utilisation que les sons enregistrés peuvent être utilisés pour la détection d’alarme et l’amélioration du système, mais guère plus. Il n’y a pas de données sur les personnes qui peuvent entendre ces informations, les fins auxquelles elles sont destinées et la durée de leur conservation.

Ce problème n’est pas exclusif à Amazon, mais est également partagé par d’autres entreprises du secteur, dont la transparence à cet égard est inexistante, voire inexistante. La seule information existante est l’information générique, que nous venons de commenter, qui ne comprend aucune autre donnée concernant l’utilisation de ces enregistrements. Ainsi, si quelqu’un veut faire un mauvais usage de nos données, nous devrons compter uniquement sur la bonne foi d’Amazon, ou de l’entreprise concernée, pour qu’ils prennent les mesures nécessaires pour éviter ces problèmes.

Le problème est qu’au vu des faits, la vérité est qu’il y a des raisons de se méfier. Amazon lui-même a dû reconnaître que certains des ordres, conversations et bruits peuvent être entendus par les êtres humains dans des circonstances complexes ou lorsqu’ils ne sont pas compris par l’algorithme. Comme si cela ne suffisait pas, les journalistes de Bloomberg ont montré comment de tels contenus passaient par le personnel de l’entreprise alors qu’ils pouvaient être comiques ou drôles. La preuve que les préoccupations des utilisateurs ne sont pas infondées.

Un tarif forfaitaire pour tout enregistrer

Toute cette approche ne serait pas un problème si ce n’était du système d’enregistrement aveugle de l’orateur lui-même. Pour activer le système d’enregistrement et de surveillance, une simple commande suffit, ce qui peut même être dit de manière « accidentelle » lors d’une conversation informelle. L’activation de l’enregistrement est donc extrêmement facile et peut même se faire de manière involontaire.

À partir de ce moment, le produit commence à écouter absolument tout ce qui se passe autour de lui, sans distinguer s’il s’agit d’une conversation personnelle, du bruit généré par une éventuelle intrusion ou de quelque chose d’aussi frugal qu’une branche qui tombe ou notre chien ou notre chat qui passe dans les environs. Tout cela constitue une menace pour la vie privée des utilisateurs, qui peuvent être enregistrés à leur insu.

C’est un autre point du procès dont nous avons discuté. Les experts y dénoncent ce fait, bien qu’ils soulignent également le risque relatif pour les mineurs, qui bénéficient d’une protection spéciale en vertu du droit américain. L’action de ces associations de consommateurs trouve donc un écho considérable dans cette législation.

Ce qui doit être amélioré

Parmi les exigences concrètes de ces associations, deux questions sont très claires. La première est que le système d’activation des caméras devrait être un peu plus exigeant que le simple fait de dire un mot, ce qui pourrait amener n’importe qui à déclencher l’alarme de manière inattendue ou non souhaitée. Une question qui semble simple compte tenu du processus de développement de ces systèmes.

L’autre partie vise à exiger d’Amazon qu’elle améliore les procédures de traitement de ces données, notamment en ce qui concerne leur suppression. La réglementation propre à Amazon permet de conserver ces enregistrements pour toujours, et ils ne sont supprimés qu’à la demande de l’utilisateur. C’est abusif, surtout dans le cas des modèles destinés aux enfants. L’entreprise est donc tenue de supprimer les données dans un délai raisonnable et lorsqu’elles ne sont plus nécessaires à ses procédures. Nous verrons si les autorités mettent enfin de l’ordre dans toute cette affaire.